10 idées pour la biodiversité au jardin

Le jardin idéal pour la bio­di­ver­sité est un savant mélange entre des inter­ven­tions judi­cieuses à cer­tains endroits et une absence d’activités humaines dans d’autres. Voici 10 idées pour une vie foi­son­nante dans votre jardin.

 

 

par | 11 mars 2024

Pour jar­diner en respec­tant la bio­di­ver­sité, il faut chang­er le regard que l’on porte habituelle­ment sur notre jardin ou notre bal­con : accepter le désor­dre, l’irrégularité, les sur­pris­es… Cela implique aus­si de s’intéresser aux espèces ani­males et végé­tales qui nous entourent pour appren­dre à cohab­iter, même avec celles que l’on juge envahissantes ou gênantes. 

La meilleure méth­ode de jar­di­nage pour la bio­di­ver­sité est sim­ple : elle con­siste à ne rien faire ! Comme il aurait été com­pliqué de finir cet arti­cle dès l’introduction — et aus­si parce que “ne rien faire” n’est pas tou­jours sim­ple ni suff­isant —  on vous détaille ici quelques tech­niques pour devenir un véri­ta­ble hôte de la bio­di­ver­sité chez vous.

1- Zéro pesticide au jardin

C’est la règle numéro 1 qui, si elle n’est pas suiv­ie, anéan­ti­ra toutes les autres actions (d’accord, on aime faire dans le mélo­drame). L’utilisation de pro­duits chim­iques pour pro­téger ou tuer cer­taines espèces indésir­ables aura une cas­cade de con­séquences : con­t­a­m­i­na­tion du sol et des eaux souter­raines, empoi­son­nement des ani­maux qui vivent ou se nour­ris­sent des plantes traitées, pol­lu­tion des plantes con­som­mées, etc.

2- Favoriser la biodiversité végétale

Impos­si­ble de pro­téger la faune sans pro­téger aus­si la flo­re, puisque l’une dépend de l’autre. Au-delà de cet intérêt direct, la bio­di­ver­sité végé­tale a aus­si une valeur intrin­sèque : il s’agit de notre pat­ri­moine végé­tal ! De nom­breuses espèces végé­tales locales sont en déclin au prof­it d’espèces exo­tiques et par­fois inva­sives. Priv­ilégiez les plantes locales et préservez celles qui sont présentes naturelle­ment chez vous. 

3- Jardiner pour toutes les saisons

Ne con­cen­trez pas tous vos efforts pour fleurir votre jardin ou bal­con en été : c’est la péri­ode où les ani­maux trou­vent le plus facile­ment de la nour­ri­t­ure. Pour être un hôte appré­cié, il faut ouvrir son auberge tout au long de l’an­née !

De même, ne vous pré­cip­itez pas pour tout tailler et couper en automne ; lais­sez venir les graines et les fruits, faites fleurir votre pelouse au début du print­emps et pensez aux plantes qui s’épanouissent entre octo­bre et mars (primevères, nar­ciss­es, mimosa, bruyère…).

4- Laisser traîner le bazar

Un con­seil qui plaira aux plus flem­mards : arrêtez de tout ramass­er, net­toy­er, vider dans votre extérieur. Ce que vous voyez comme du bazar est sus­cep­ti­ble d’être un refuge, un nid, une cachette. Un net­toy­age trop fréquent effraye les ani­maux de pas­sage chez vous. Lais­sez traîn­er vos pots, un tas de bois, de feuilles mortes ou de branch­es, notam­ment à l’approche de l’hiver. Plus large­ment, un coin sans inter­ven­tion (un bout de pelouse, une plante sur votre bal­con) per­met d’of­frir un espace pro­tecteur.

5- Prévenir au naturel

Plutôt que d’u­tilis­er des pro­duits, mêmes naturels, mis­ez sur la col­lab­o­ra­tion des plants et des ani­maux pour pro­téger vos plan­ta­tiosn.

Les plantes qui font le job des pro­duits chim­iques

  • Souci : repousse effi­cace­ment les pucerons et les mouch­es blanch­es.
  • Toutes les plantes aro­ma­tiques : attirent les pollinisa­teurs et repoussent de nom­breux insectes grâce à leur odeur puis­sante.
  • Capucine : une véri­ta­ble plante mar­tyre qui détourne les pucerons déjà présents.
  • Œil­let d’Inde : con­tre les limaces qui adorent la dévor­er.
  • Tanaisie : la cham­pi­onne pour lut­ter con­tre les insectes et pour pro­téger des mal­adies cryp­togamiques (comme le mil­diou).

Les ani­maux qui font le job des pro­duits chim­iques

  • Coc­cinelles : dévorent les pucerons.
  • Oiseaux : con­som­ment les vers, les che­nilles ou les limaces.
  • Staphylin : ce petit insecte se nour­rit de limaces, escar­gots et vers.
  • Toutes les araignées : régu­lent la pop­u­la­tion de mouch­es, mous­tiques, pucerons.
  • Gen­darmes : ces insectes rouges et noirs se nour­ris­sent de végé­taux mais aus­si d’œufs d’insectes.
  • Sauterelles, gril­lons : adorent les insectes.

6- Une pelouse accueillante

Il est tout à fait pos­si­ble de trou­ver une méth­ode de tonte qui réc­on­cilie la bio­di­ver­sité et votre vie quo­ti­di­enne. À vous de choisir :

  • zéro tonte aux pieds des haies, arbres et arbustes sur une bande de quelques cen­timètres.
  • une tonte à 6 cm de hau­teur pour accueil­lir les fleurs mais éviter les gram­inées, notam­ment en cas d’allergies (eh oui, votre ton­deuse peut se régler sur dif­férentes hau­teurs de tonte) ! 
  • une tonte de 7 à 8 cm de hau­teur mais plus fréquente, pour avoir une pelouse bien verte.
  • une tonte plus rase devant la ter­rasse et sur un espace pour les enfants
  • la méth­ode du mulching : la ton­deuse rejette les brins coupés sur le sol puis les recoupe en repas­sant dessus. Ils vont se décom­pos­er et nour­rir le sol (et ses habi­tants).
  • un arrêt de la ton­deuse pen­dant 3 à 4 semaines au print­emps pour nour­rir le plus pos­si­ble d’insectes. Il fau­dra néan­moins couper en plusieurs fois. 

Dans tous les cas, il faut tou­jours com­mencer par le cen­tre de sa pelouse pour don­ner le temps aux insectes d’évacuer la zone (et ne jamais ton­dre la nuit pour préserv­er les héris­sons… et vos rela­tions avec les voisins).

7- Des idées de plantes locales

Quelques plantes locales (France mét­ro­pol­i­taine) : 

  • Chèvrefeuille des bois
  • Clé­matite des Alpes
  • Cardère
  • Mélisse offic­i­nale
  • Bour­rache
  • Géra­ni­um san­guin
  • Cam­pan­ule
  • Mar­guerite
  • Petite per­venche

8- Faire dormir les animaux

Le plus sim­ple est de laiss­er traîn­er quelques branch­es et feuilles mortes dans un coin du jardin, près d’une haie par exem­ple. Vous pou­vez installer un nichoir, fab­ri­quer un abri pour héris­sons ou un hôtel à abeilles soli­taires. Toute­fois, le meilleur hôtel pour les ani­maux reste votre jardin. Les hôtels à insectes par exem­ple, sont par­fois mal con­stru­its ou instal­lés au mau­vais endroit, la cohab­i­ta­tion entre les espèces y est dif­fi­cile et ils sont finale­ment peu util­isés. 

Si vous souhaitez que vos pen­sion­naires restent et revi­en­nent, il est impor­tant d’étein­dre les lumières. La pol­lu­tion lumineuse est respon­s­able, au même titre que les pes­ti­cides, de l’ef­fon­drement de la bio­di­ver­sité. Chez vous, priv­ilégiez les éclairages à la lumière jaune, éclairez briève­ment (oubliez les spots lumineux allumés toute la soirée) et tou­jours vers le sol (évitez de trans­former votre jardin en piste d’atterrissage). 

9- Surveiller son chat

Votre chat ou celui de vos voisins est une men­ace directe pour la bio­di­ver­sité de votre jardin. Chas­seur par instinct, il va rapi­de­ment repér­er les nids et les oiseaux, les lézards ou les mulots. Il aime aus­si se faire les griffes sur les arbres et grat­ter la terre (surtout quand vous venez de semer des graines). Aux États-Unis, les chats sont respon­s­ables de la mort de 4 mil­liards d’oiseaux par an et sont soupçon­nés d’être à l’origine de l’extinction de trois espèces de volatiles.

Quelques con­seils : nour­rir cor­recte­ment son chat, met­tre une clo­chette sur son col­lier, éviter de le faire sor­tir après la pluie et tôt le matin.

À écouter : “Votre chat est-il l’ennemi de la bio­di­ver­sité ?”.

10- Devenir refuge pour la biodiversité

Le pro­gramme Refuge LPO per­met de label­lis­er un espace pub­lic mais aus­si privé (jardin, cour ou bal­con) comme “refuge pour la bio­di­ver­sité”. Vous vous engagez ain­si à respecter la charte LPO ain­si que plusieurs gestes pour pro­téger la bio­di­ver­sité chez vous. Plus de 35 000 jardins et bal­cons sont déjà label­lisés ! Il vous suf­fit d’adhérer à l’association (35 €) et de vous inscrire sur le site de la LPO pour recevoir le livret d’accueil, les livrets péd­a­gogiques pour vous guider et un nichoir ! 

En Bel­gique : vous avez le “Réseau nature” de natago­ra.



Retrou­vez tous les arti­cles sur la bio­di­ver­sité dans le Numéro 10


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