Préparer son potager pour l’hiver

Com­ment pré­par­er son potager pour l’hiv­er quand l’annonce du gel, d’une tem­pête ou de la grêle fait trem­bler tout jar­dinier ? Bien que courantes en hiv­er, ces intem­péries peu­vent arriv­er en toute sai­son. Elles risquent de devenir de plus en plus fréquentes.

par | 17 octobre 2022

Pas de panique, on est là pour vous aider à pro­téger votre potager en hiv­er des aléas du ciel et éviter de per­dre vos pré­cieuses récoltes !

Intempéries au potager
Illus­tra­tion réal­isée par Émi­lie Vicaire

Préparer son potager contre la pluie

préparer son potager pour l'hiver

La pluie n’est en général pas une “intem­périe”, mais un phénomène météorologique tout à fait clas­sique. En jar­di­nant, vous appren­drez à l’apprécier pour la sim­ple et bonne rai­son qu’elle vous rem­place à la corvée de l’arrosage !

Néan­moins, les épisodes de pluies intens­es ne sont pas rares et peu­vent causer des dégâts. Si vos plantes ne craig­nent pas la pluie, elles risquent de ne pas appréci­er des pré­cip­i­ta­tions très fortes sur une longue péri­ode. 

Les inon­da­tions con­stituent d’ailleurs le prin­ci­pal risque naturel sur le ter­ri­toire mét­ro­pol­i­tain. Les départe­ments les plus exposés sont le Rhône, l’Isère, les Hauts-de-Seine et les Alpes-Mar­itimes. Mais d’autres zones ou pays européens ne sont pas épargnés. Des chercheurs ont d’ailleurs établi un lien direct entre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique et les inon­da­tions qu’ont con­nues l’Allemagne et la Bel­gique l’été 2021*. *Rap­port du World Weath­er Attri­bu­tion du 23 août 2021.

Les dégâts causés : 

Une pluie intense et de longue durée peut causer plusieurs dif­fi­cultés. En pre­mier lieu, elle détrempe le sol et le “lessive” : les nutri­ments con­tenus dans votre terre vont par­tir avec l’eau. Le phénomène est encore plus fort en été, après une péri­ode de sécher­esse, où le sol n’arrive pas à absorber l’eau assez rapi­de­ment. Les pluies dilu­vi­ennes peu­vent aus­si cass­er des tiges, des feuilles ou faire couch­er les plantes les plus frag­iles. Elle plie vos plus belles fleurs qui se rem­plis­sent d’eau sans avoir le temps de séch­er.

L’hiver, les fortes pluies font plus de dégâts que le froid. L’humidité est une men­ace directe pour le sys­tème raci­naire de vos plantes, notam­ment les plus sen­si­bles. Elle favorise l’apparition d’une mul­ti­tude de mal­adies “cryp­togamiques” (c’est-à-dire dues à un champignon) et risque de faire pour­rir vos légumes directe­ment en terre.

Les solutions : 

- Net­toyez tout de suite votre potager après un épisode plu­vieux : ramassez les tiges cassées, récoltez les légumes abîmés, sec­ouez les fleurs. 

- Grif­fez la terre légère­ment si une croûte se forme après de fortes pluies (courant pour les sols très argileux).

- Vous habitez une région très plu­vieuse ? Surélevez le potager : creusez des tranchées tout autour, plantez sur des buttes surélevées, faites une petite tranchée au pied de chaque plant… L’idée est de dévi­er l’eau sur le côté de vos plantes (et de leurs racines) pour qu’elle s’écoule. 

- Atten­tion aus­si à la con­fig­u­ra­tion de votre jardin : n’installez pas le potager en bas d’une pente ! L’eau doit pou­voir s’écouler sans s’accumuler aux pieds de vos plants.

- Isolez du sol les légumes type courges, mel­ons, etc., en dis­posant en dessous d’eux une ardoise ou une tuile.

- Dimin­uez le rythme d’arrosage du potager dès l’automne et arrosez unique­ment le matin lors des jours ensoleil­lés, pour que la terre puisse séch­er avant la nuit.

- Au bal­con, rap­prochez vos pots du mur pour les abrit­er de la pluie et sup­primez les soucoupes pour que l’eau ne stagne pas.

  • Légumes qui craig­nent l’humidité : les tomates, les pommes de terre, les asperges et les bulbes (oignons, ail, échalotes)… Légumes qui aiment l’humidité : les salades, les pois, les hari­cots, les épinards…
  • Légumes qui aiment l’humidité : les salades, les pois, les hari­cots, les épinards…

Protéger son potager du vent en hiver

Le vent est un élé­ment dif­fi­cile à maîtris­er au potager, notam­ment dans un jardin non abrité. Un vent doux est tou­jours béné­fique ; il fait cir­culer l’air pour enlever l’excédent d’humidité et évite ain­si les mal­adies cryp­togamiques. 

Mal­heureuse­ment, les tem­pêtes (vents allant jusqu’à 117 km/h) font par­tie des épisodes cli­ma­tiques extrêmes dont la fréquence aug­mente et touchent, con­traire­ment aux inon­da­tions, tout le ter­ri­toire français. L’ouest de la France est la zone la plus vul­nérable en ce qui con­cerne les tem­pêtes hiver­nales. Quant aux ter­ri­toires d’outre-mer, ils sont soumis à des vents allant au-delà de 118 km/h for­mant alors des oura­gans, des cyclones ou des typhons.

Les dégâts causés : 

Le vent risque de cass­er les tiges de vos plants et de ruin­er vos futures récoltes. Toutes les plantes au port retombant ou semi-retombant, comme les tomates, les aubergines ou les poivrons, mais aus­si les légumes grim­pants comme les pois ou les hari­cots seront men­acés. Si les plantes ont appris à sup­port­er le vent grâce à dif­férentes tech­niques, celles du potager sont générale­ment plus frag­iles en rai­son du poids des fruits — vos futurs légumes. Au-delà de 100 km/h, il y a un risque de retrou­ver un grand nom­bre de tiges cassées. Au bal­con, le risque est encore plus grand. Si vous avez des pots sus­pendus, vous risquez de per­dre à la fois vos récoltes et vos con­tenants les plus frag­iles !

Les tem­pêtes bal­ayent aus­si les débris végé­taux, les feuilles et les pre­miers cen­timètres de terre, met­tant en péril le sys­tème raci­naire ou le pail­lage de votre potager. Enfin, le vent dessèche rapi­de­ment la terre, surtout si vous cul­tivez en pots. 

Les solutions : 

- Dans les régions ven­teuses, installez le potager dans une zone abritée : con­tre un mur, der­rière une haie, etc. Il est néces­saire de se pro­téger en pri­or­ité des vents venus du nord (mis­tral, tra­mon­tane) qui font aus­si chuter rapi­de­ment les tem­péra­tures. 

- Soyez vig­i­lants sur les tuteurs ! Ils doivent être solides, épais et enfon­cés au min­i­mum d’un tiers dans le sol. Vos plants doivent être soutenus sur la tige prin­ci­pale mais aus­si sur les tiges sec­ondaires por­teuses de fruits. En cas d’alerte tem­pête, véri­fiez leur solid­ité et ajoutez-en en préven­tion si besoin. 

- Après un épisode de vents vio­lents, net­toyez rapi­de­ment le potager pour sup­primer les tiges cassées, remet­tre le pail­lage enlevé et véri­fiez vos tuteurs.

- Sur­veillez l’arrosage, notam­ment dans les pots. Si le vent est fréquent, vous pou­vez aug­menter la fréquence de l’arrosage par rap­port aux recom­man­da­tions clas­siques, même en hiv­er.

- Au bal­con, tous vos pots doivent être au sol et con­tre un mur en cas d’alerte tem­pête. Évitez les jar­dinières sus­pendues dans les endroits très ven­teux (et ne les placez jamais à l’extérieur de votre bal­con).

  • Légumes qui craig­nent le vent : tous les légumes qui poussent en hau­teur, sur tiges, notam­ment les tomates.
  • Légumes qui ne craig­nent pas le vent : tous les légumes-racines et les légumes-feuilles.

Préparer son potager contre la neige et le gel

préparer son potager pour l'hiver

L’arrivée du froid et de la neige est sou­vent red­outée au potager. Ce n’est pour­tant pas le dan­ger prin­ci­pal pour vos légumes : ils craig­nent bien davan­tage l’humidité con­stante de nos hivers.

Le gel est bien plus risqué lorsqu’il arrive soudaine­ment au début du print­emps puisqu’il va touch­er des légumes par­ti­c­ulière­ment sen­si­bles. En hiv­er, la majorité des légumes au potager ont une très bonne tolérance au froid… tant qu’on prend quelques pré­cau­tions ! Il fau­dra surtout être vig­i­lant au print­emps, notam­ment si vous réalisez des semis. Cette année, des épisodes de gel sont sur­venus sur toute la France au mois d’avril, détru­isant des cen­taines de mil­liers d’hectares de cul­tures. Une véri­ta­ble cat­a­stro­phe agronomique qui n’a pas épargné les potagers indi­vidu­els. 

Les dégâts causés : 

- Le gel peut causer des dom­mages irré­para­bles aux racines des plantes mais surtout aux fleurs et bour­geons qui appa­rais­sent au print­emps. 

- Pour les plantes les plus frag­iles, le gel détru­it tout le sys­tème raci­naire. Les feuilles flétris­sent, noir­cis­sent et la plante finit par mourir. 

- Pour cer­taines plantes plus résis­tantes comme les hari­cots, les pois ou les fèves, le gel peut détru­ire la flo­rai­son sans men­ac­er toute la plante. Il va retarder la récolte puisqu’il fau­dra atten­dre une nou­velle flo­rai­son. 

Les solu­tions : 

- Respectez les dates con­seil­lées pour semer et planter ! Plus vous anticipez vos semis et plan­ta­tions, plus vous risquez de les expos­er à un épisode de gel tardif. 

- En hiv­er, installez des tes­sons de brique, des ardois­es ou des tuiles autour de vos plantes pour emma­gasin­er la chaleur. Vous pou­vez en utilis­er en guise de pail­lage sur vos pots. 

- Semez vos légumes-feuilles (mâche, salade, épinards) en automne pour qu’ils s’acclimatent au froid et restent à l’état de jeunes pouss­es tout l’hiver. En effet, les plantes jeunes et les petites feuilles résis­tent mieux au gel.

- Au bal­con, rap­prochez vos pots des murs pour les réchauf­fer. 

- Choi­sis­sez une pro­tec­tion adéquate pour vos cul­tures hiver­nales (voir ci-dessous). 

  • Les légumes les plus sen­si­bles au froid : tous les légumes-fruits, que ce soient les Solanacées (tomates, pommes de terre…) ou les Cucur­bitacées (courges, cour­gettes). 
  • Les légumes les plus résis­tants : les salades, les chicorées, les aro­mates, les choux, les épinards, les légumes-racines, les oignons et l’ail.

Ne craignez plus le gel au potager l’hiver ! 

Les épisodes de gel en hiv­er ne sont pas aus­si dan­gereux qu’au print­emps : les var­iétés sont moins crain­tives. Les seules men­aces : un gel per­sis­tant sur plusieurs jours, sans réchauf­fe­ment en journée (assez rare en France) et une alter­nance du gel/dégel qui épuise les plantes. Le gel touche les feuilles en pre­mier mais elles sont faites pour résis­ter et repren­dront leur forme (et leur cro­quant) au dégel. 

Deux choses à faire pour aug­menter vos chances de récolte : 

- Ne touchez jamais un légume gelé, il est très frag­ile ! Atten­dez qu’il ait entière­ment dégelé pour le récolter.

- Con­traire­ment à ce que l’on pense, priv­ilégiez un dégel lent en ori­en­tant vos légumes plutôt vers l’ouest. Un dégel rapi­de ris­querait d’abîmer vos légumes, notam­ment la famille des légumes-feuilles.

Protéger son potager de la grêle

Protéger son potager de la grêle

La grêle est claire­ment l’intempérie la plus dif­fi­cile à prévenir au potager et celle qui fera le plus de dégâts. Elle peut arriv­er en dehors des péri­odes hiver­nales et men­ace toutes vos plan­ta­tions print­anières. Autre souci de taille, la grêle est plus imprévis­i­ble et tombe très rapi­de­ment !

Côté préven­tion, il y a peu d’astuces per­ma­nentes à met­tre en place en dehors de l’hiver. À moins de cul­tiv­er en per­ma­nence sous tun­nel, serre ou châs­sis. 

Les dégâts causés :

- La grêle détru­it tout : les tiges, les fleurs et les fruits. Si elle peut abîmer la car­rosserie de votre voiture, elle est capa­ble de percer la peau de vos courges les plus épaiss­es. 

- Comme la neige, la grêle peut faire un tapis autour de vos plantes. Ce qui met­tra longtemps à fon­dre et aug­mente l’humidité près des racines. 

Les solu­tions : 

- Quand la grêle arrive, il est encore temps de courir au potager (enfilez vos bottes quand même !) pour recou­vrir les légumes les plus frag­iles d’un drap, de car­tons ou tout ce qui peut faire bar­rière entre les grêlons et vos plantes. 

- Cul­tivez tou­jours quelques légumes sous abri (bal­con, ter­rasse, rebord de fenêtre) pour éviter de tout per­dre en cas d’épisode vio­lent de grêle.

préparer son potager pour l'hiver

Retrou­vez tous les con­seils pour entretenir votre potager en hiv­er dans le Numéro 8 – Hiv­er 2021 « Créer ». llus­tra­tion réal­isé par Émi­lie Vicaire.

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