Comment repiquer ses semis en pleine terre ?

Pour repi­quer ses semis en pleine terre rien de plus sim­ple. Il vous suf­fit de suiv­re ce guide en 3 étapes pour y par­venir.

par | 22 mai 2023

Le semis à l’abri est vrai­ment ma pas­sion numéro un dans la vie… Mais une fois que tous nos semis sont en bonne san­té et bien dévelop­pés, il faut savoir les lâch­er dans le grand bain. C’est main­tenant ou jamais, c’est par­ti pour repi­quer ses semis en pleine terre : direc­tion le potager !

Préparer le terrain…

Un bon sol = un bon plant

Le semis que vous avez choyé en godet doit trou­ver tous les nutri­ments néces­saires dans sa nou­velle terre d’accueil, il en va de sa survie. Pour cela, rien de tel qu’un sol nour­ri en pro­fondeur avec des amende­ments réguliers en matières organiques var­iées : com­post, fumi­er, déchets de cul­tures, tontes… Plus votre sol sera riche, plus vos cul­tures vous don­neront sat­is­fac­tion. 

Évidem­ment, ces apports là ne se font pas en quelques jours, ni en quelques mois, mais il fau­dra bien plusieurs années avant d’avoir un sol vivant et suff­isam­ment riche. Pour palier à cer­taines carences, il existe en jar­diner­ie de bons engrais naturels et util­is­ables en agri­cul­ture biologique. Je vous don­nerai aus­si à la fin de cet arti­cle la recette de purins à utilis­er au potager. 

Le bon moment pour repiquer

C’est au mois de mai que je vous con­seille d’opérer. On entend sou­vent par­ler des fameux « saints de glace » qui cor­re­spond à la péri­ode entre le 11 et le 13 mai. Après ces dates, le risque de gelées sem­bleraient écarté et on aurait le feu vert de dame nature pour planter à foi­son en extérieur. J’utilise le con­di­tion­nel car tout dépend véri­ta­ble­ment de votre région et des con­di­tions météorologiques.

Repiquer ses semis

On est d’accord, on n’est pas en mesure de maîtris­er pas la météo… Mais grâce à la tech­nolo­gie, on peut main­tenir regarder la météo agri­cole en amont et s’y fier. Prévoyez donc de repi­quer à un moment où les 2 ou 3 jours à venir vont être ensoleil­lés mais pas trop chauds, si pos­si­ble. Quelques avers­es seront utiles, mais pas des pluie dilu­vi­ennes… Bref, comme sou­vent en jar­di­nage, il faut un juste milieu. 

Vous pren­drez le soin, en amont du repi­quage, de dépailler votre zone de cul­ture afin que le sol se réchauffe. En règle générale, on con­sid­ère qu’on peut repi­quer quand le sol atteint les 15° C.

Cette année, j’ai com­mencé mes repi­quages en extérieur à la mi-avril :

  1. parce que j’avais réal­isé énor­mé­ment de plants et que je pou­vais me per­me­t­tre d’en per­dre quelques uns.
  2. parce que la météo s’y prê­tait par­ti­c­ulière­ment : inter­valles entre soleil et fines avers­es pen­dant plusieurs jours d’affilé.

J’ai fait un pari… et je l’ai gag­né ! Pas de gel, pas de perte, que des plants costauds et en bonne san­té.

Au moment du repiquage…

Un nid douillet

Comme expliqué dans le para­graphe précé­dent, si vous pré­parez bien votre sol en amont, tout devrait rouler ensuite. Pour repi­quer un plant au potager, creusez un trou de la pro­fondeur de votre motte et à l’aide d’une griffe, cassez le pour­tour de ce trou pour que les racines de votre pro­tégé puis­sent se fray­er un chemin rapi­de­ment et facile­ment. 

Comme sou­vent, il y a des excep­tions pour la pro­fondeur du trou à creuser : les tomates, par exem­ple, sont à repi­quer bien pro­fondé­ment. Vous pou­vez pour cela couper les cotylé­dons (les petites pouss­es qui appa­rais­sent les pre­mières, avant les vraies feuilles) et mêmes les tiges les plus bass­es du plant. En faisant cela, on va aider la tige prin­ci­pale à faire des racines sup­plé­men­taires et donc à mieux s’implanter dans le sol.

Repiquer ses semis

Autre excep­tion : les salades. Celles-ci n’aimeront pas l’humidité et ris­queraient de pour­rir si vous les enfon­cez trop dans le sol. Pour les dor­lot­er, veillez à ne pas enter­rer le col­let de la salade et tout ira bien. On prévoit donc un trou un tout petit peu moins pro­fond que la motte à repi­quer.

Donc, une fois le trou creusé, on place notre plant à l’intérieur de celui-ci, on rabat légère­ment la terre à la sur­face du pied en tas­sant du plat de la main, et le tour est joué ! 

La bonne irrigation 

Le geste à ne pas louper une fois le plant repiqué : arroser ! On le fait très copieuse­ment au moment de l’implantation des plants en pleine terre. Pourquoi ? Ce change­ment d’environnement va venir stress­er le végé­tal et il va avoir besoin de suff­isam­ment d’eau pour ne pas subir un stress hydrique sup­plé­men­taire. 

Aus­si, les racines de la motte vont com­pren­dre qu’elles ne sont plus con­tenues dans un petit pot mais bel et bien en pleine terre, elles vont ain­si pou­voir venir puis­er l’eau que vous lui don­nez pour se con­solid­er et se dévelop­per.

Un petit coup de pouce

Cer­taines cul­tures apprécieront d’être tuteurées dès le repi­quage en pleine terre. C’est le cas, par exem­ple, des tomates. Je place un très grand et gros bam­bou directe­ment au moment du repi­quage en pleine terre, sans pass­er par de petits bâtons inter­mé­di­aires. Cela donne un bel axe à la tige prin­ci­pale et on évite de trop bouger les tiges et ain­si de les bris­er. Cer­taines per­son­nes utilisent des fils pour con­duire leurs cul­tures, prin­ci­pale­ment dans les ser­res. On passe le fil tout autour de la tige prin­ci­pale de la tomate et il la porte étroite­ment en étant col­lé à elle.

Repiquer ses semis

On peut aus­si imag­in­er des struc­tures plus impor­tantes comme des tip­is pour les hari­cots à rames ou les fleurs grim­pantes. 

Pour les matéri­aux, je récupère énor­mé­ment de choses à la déchè­terie. Vous pour­rez aus­si trou­ver votre bon­heur dans des vides gre­niers ou en ressourceries. Bien enten­du, si vous n’avez pas le temps ni la moti­va­tion, les jar­diner­ies regor­gent de solu­tions qui fer­ont très bien l’affaire.

Et ensuite…

Arroser intelligemment 

Comme au moment du repi­quage en pleine terre, l’arrosage reste une des clés de réus­site d’un potager pro­duc­tif et en bonne san­té. J’arrose tou­jours copieuse­ment, de manière régulière mais espacée. Sou­vent, une seule fois par semaine.

J’utilise tou­jours de l’eau de pluie car, on le sait plus que jamais, l’eau va se faire rare, très rare… Il y a donc 2 gross­es tonnes à eau dans le jardin. C’est moche, mais vrai­ment très pra­tique. Et ensuite, oui, je fais tout à la mano avec 2 arrosoirs de 10 litres, ça mus­cle !

Il y a égale­ment toutes sortes de tuyaux d’arrosage à votre dis­po­si­tion, si cela vous paraît plus adap­té à votre potager.

Vous avez sans doute déjà enten­du par­ler des « oyas ». Ces poter­ies arti­sanales qui per­me­t­tent d’irriguer en pro­fondeur le sol, même en notre absence. Pour ma part, j’en ai une dans la serre depuis 2 ans. Je n’ai tou­jours pas bien com­pris si elle était effi­cace ou non. Je me garderai de vous faire un bilan de son util­ité. En tout cas, elle est jolie et elle est régulière­ment vide. Ce qui sem­ble mon­tr­er que l’eau finit quelque part dans mon sol !

Entretenir les cultures

Une fois en pleine terre, c’est assez rapi­de­ment la jun­gle… Je vous con­seille de tou­jours garder un œil sur vos cul­tures. Pour les tailler régulière­ment et éviter de vous faire envahir comme cela m’arrive absol­u­ment chaque année, même en étant organ­isée. 

Mal­heureuse­ment, le repi­quage au potager n’est pas non plus un long fleuve tran­quille… Et qui dit pleine terre, dit chas­se à la limace ! Tous ces jeunes plants, qu’est-ce que c’est appétis­sant pour elles ! Les escar­gots s’y met­tent aus­si puisqu’ils y trou­vent le gîte et le cou­vert. Si on les laisse tran­quilles, on risque claire­ment de com­pro­met­tre une par­tie de nos récoltes. Il faut donc agir rapi­de­ment et les empêch­er de tout rav­ager. 

Évidem­ment, il existe des pré­da­teurs naturels comme les grenouilles, les cra­pauds et les héris­sons… Mais sou­vent, ceux-ci n’agissent pas assez rapi­de­ment. Pour les aider, je pars à la chas­se tous les soirs à l’aide de ma lampe frontale. Je récolte dans un seau tous les gastéropodes que je trou­ve. Je les offre ensuite à mes poules qui s’en réga­lent.

Bon à savoir : en agri­cul­ture biologique, il est égale­ment autorisé d’utiliser le fameux « Fer­ramol », du phos­phate fer­rique sous forme de gran­ulés bleus.

Donner des forces

Je vous l’ai indiqué au tout début de cet arti­cle, si votre sol est en san­té, vos cul­tures le seront égale­ment. Pour nour­rir le potager, j’ai pris l’habitude de réalis­er moi-même des petites potions mag­iques à par­tir de végé­taux. On appelle cela des purins et c’est 100% naturel et util­is­able en agri­cul­ture biologique. 

Je con­fec­tionne un purin d’ortie que j’utilise au moment du repi­quage de mes plants en pleine terre. Cela les aider à vain­cre le stress du change­ment d’environnement et leur apporter une bonne dose d’azote. Par la suite, je leur donne égale­ment un purin de con­soude pour favoris­er la flo­rai­son et la pro­duc­tion de fruits. 

La recette d’Élise :
Ça fonc­tionne du ton­nerre et c’est super facile : 1 kg de feuilles fraich­es hachée pour 10 litres d’eau. On laisse macér­er env­i­ron une semaine dans un con­tenant fer­mé, en touil­lant tous les jours. Quand les bulles dis­parais­sent de la sur­face du liq­uide et que ça com­mence à sen­tir vrai­ment fort, c’est le signe que c’est prêt ! On fil­tre, on con­serve dans un récip­i­ent fer­mé. Comme un bidon on utilise dilué dans l’eau d’arrosage à hau­teur de 10 % max­i­mum.

Si vous n’avez pas l’envie, la matière ou la moti­va­tion de le faire vous-même, vous trou­verez ces pro­duits dans les bonnes jar­diner­ies ou sur des sites spé­cial­isés en ligne.

Vous pour­rez aus­si nour­rir vos cul­tures à par­tir d’engrais naturels comme des gran­ulés de fumi­er de cheval. On en trou­ve en gros sacs dans les jar­diner­ies et les pépinières. On en dépose une petite poignée aux pieds des cul­tures au moment du repi­quage et ça les booste pour la sai­son ! 

Avec toutes ces infos, nor­male­ment vous voilà paré·e pour affron­ter le chal­lenge du repi­quage en pleine terre ! J’espère que cet arti­cle vous aura appris des choses et vous sem­blera clair.

Cet arti­cle est rédigé par Elise Rui­ba. Après plusieurs années à tra­vailler dans la vie cul­turelle nan­taise, Élise a choisi l’autre cul­ture : celle de la terre. Elle a fait plusieurs woof­in­gs qui l’ont con­va­in­cue de la néces­sité des métiers en lien avec l’agriculture. Elle a ensuite eu le plaisir de faire par­tie de l’équipe de La Box à Planter. Élise y con­ce­vait des box pour met­tre des graines entre les mains des débutant.e.s en leur appor­tant tous ses meilleurs con­seils. Aujourd’hui, elle con­tin­ue d’apprendre à tra­vers des stages, des for­ma­tions et du bénévolat. Pour suiv­re les aven­tures vertes d’Elise, retrou­vez-la sur Insta­gram : @sicauplants

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