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Balade en sauvage urbain

Balade en sauvage urbain

Lorsqu’on parle d’espèces végétales, lorsqu’on parle de nature, on imagine souvent un coin de verdure bucolique, avec sa rosée du matin et ses rayons de soleil qui traversent les feuillages. Pour autant, le monde végétal a colonisé l’ensemble (ou presque) du globe. 

Le végétal s’est installé partout, y compris dans l’environnement le plus humanisé : la ville. 

Avez-vous pris le temps dernièrement de vous promener dans les rues de votre ville ? Avez-vous pris le temps d’observer ce petit pied de plantain qui perce le bitume juste à côté de votre porte d’entrée ? Ne trouvez-vous pas ce phénomène tout simplement surnaturel ? 

Pendant des décennies, les villes ont tendu vers la minéralisation, l’homogénéisation, l’hygiénisation de ses surfaces. Face à cela, les espèces végétales se sont adaptées, elles ont modifié leurs cycles de végétation, la production de leurs graines afin que chaque interstice, chaque recoin entre deux briques puisse être un lieu de pousse. 

Les espèces végétales vivent et poussent dans des endroits improbables, nous vous proposons alors de reparcourir votre ville avec un autre regard.

Les (re) belles de bitumes

Durant une journée ensoleillée (c’est plus agréable), partez vous balader.

Dès le premier pas dehors, regardez à vos pieds. Le long des trottoirs, entre deux fissures du bitume, vous apercevrez sûrement des espèces courageuses. 

Un pied de pâturin commun par là, un peu plus loin sur la gauche, un plant de figuiers… Ces espèces profitent d’une fissure, d’un interstice entre deux pavés, pour pousser.

Ainsi sous nos pas, résistant à nos foulées, ces espèces nous rendent de multiples services. Tout d’abord, leur présence facilite l’infiltration des eaux de pluie. Elles sont aussi, avec leurs systèmes racinaires, des filtres en puissance, certaines espèces étant même des captatrices de polluants.  

Certaines espèces comme l’ortie, ou le coquelicot sont bien connues et reconnues, mais la plupart des plantes qui arrivent à pousser en ville sont souvent considérées comme des mauvaises herbes. Pendant des décennies, elles ont été arrachées, saupoudrées de désherbant et pourtant elles sont à la base d’écosystèmes entiers.  Des espèces telles que la renouée des oiseaux jouent un rôle pour les bêtes à plumes de nos villes, leurs fruits offrant une source de nourriture supplémentaire durant l’hiver. 

Après avoir fait quelques pas,  prenez cette rue que vous n’avez jamais parcourue, faites un détour de votre ordinaire.  Vous apercevrez sûrement un plantain qui déploie la rosace de ses feuilles pour capter un maximum de lumières. Cette espèce comestible est aussi médicinale (leurs feuilles froissées ont un pouvoir cicatrisant).  Et puis, pour observer certaines espèces, il faut parfois regarder de plus près le sol. En vous penchant, vous pourrez admirer d’autres plantes, plus délicates et discrètes, comme la saxifrage à trois doigts. Ses feuilles collantes collectent souvent les déchets volatiles que les hommes sèment derrière eux.

Et puis parfois, à l’abri des regards pousse un arbre, qui a échappé à la surveillance humaine. Bien souvent, ce sont les oiseaux frugivores qui ont dispersé les graines. Les merles, les étourneaux, disséminent alors les vignes vierges ou les troènes qui peuplent nos rues. 

En continuant votre route, surtout si c’est le printemps, le gris du sol se parera de tâches de couleurs. Du vert, bien sûr ! Un vert tendre presque blanc, celui des jeunes pousses, mais aussi un vert plus foncé, celui des tiges et feuilles plus anciennes et puis toutes ces autres nuances sont présents devant nous. Depuis que les produits phytosanitaires ont été interdits en ville, d’autres tâches colorées se font plus présentes. Des tâches rouges, pouvant appartenir aux coquelicots si elles sont près du sol, ou à des roses trémières si celles-ci se meuvent à hauteur d’homme, ou des tâches jaunes qui ponctuent les rues, celles du laiteron, de la camomille échappée du jardin voisin. La ville accueille alors de plus en plus d’espace sauvage. 

En levant la tête, et en observant les murs que vous longez, de nouveaux tableaux apparaissent, les insolentes de nos murs. 

Balade à suivre…. 


Une balade rédigée, photographiée et illustrée par Coline. Retrouvez-la sur www.projetmedhyo.com